La lettre D est l’une des moins bien représentées dans nos corbeilles de fruits – et pourtant, elle cache quelques-uns des fruits les plus extrêmes de la planète.
Entre une datte cultivée depuis 8 000 ans et un durian interdit dans les métros de Singapour, la liste est bien plus riche qu’on ne l’imagine. Voici ce qu’elle contient vraiment.
Quels sont les fruits commençant par la lettre D?
La liste des fruits en D est moins courte qu’il n’y paraît. Voici les principaux, avec leurs origines et ce qui les rend reconnaissables :
- Datte – fruit du palmier-dattier, originaire des zones arides du Moyen-Orient, consommée fraîche ou sèche
- Durian – fruit à épines originaire d’Asie du Sud-Est, célèbre pour son odeur sulfureuse et sa chair crémeuse
- Dragon fruit (pitaya) – fruit du cactus liane, à chair blanche ou rouge, originaire d’Amérique centrale mais très cultivé en Asie
- Damson – petite prune de Damas à chair ferme et acidulée, très appréciée en confiture au Royaume-Uni
- Duku – fruit tropical d’Asie du Sud-Est, de la famille des Meliaceae, à chair translucide et légèrement sucrée
- Desert lime – agrume sauvage australien, minuscule (1 cm de diamètre), à saveur intense, utilisé par les peuples aborigènes
- Davidson’s plum – prune australienne à chair très acidulée, couleur bordeaux profond, riche en anthocyanes
- Damassine – eau-de-vie suisse issue du Damasson rouge, une petite prune cultivée dans le Canton du Jura, de la taille d’une mirabelle
- Doum – fruit du palmier doum, consommé au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, à saveur de pain d’épice
- Délice du Cap – fruit africain également appelé groseille du Cap ou physalis, enveloppé dans une lanterne papyracée
Ce qui frappe dans cette liste : la majorité de ces fruits viennent de zones tropicales ou de régions arides.
En France, vous n’en croisez guère qu’une poignée sur les étals. La datte et le pitaya sont les plus accessibles ; les autres relèvent encore de l’épicerie spécialisée ou du voyage.
Datte et durian : deux géants aux profils opposés

Ces deux fruits dominent la catégorie « D » par leur poids économique et leur symbolique culturelle – et ils ne pourraient pas être plus différents.
La datte est l’un des fruits les plus anciens de l’histoire humaine. Sa culture remonte à 8 000 ans, dans les oasis de Jordanie et de Mésopotamie.
Les Bédouins l’appelaient « le pain du désert » parce qu’elle permettait de traverser de longues routes avec un minimum de poids.
Aujourd’hui, selon Planetoscope, 117 kg de dattes sont récoltés chaque seconde dans le monde, soit plus de 5 millions de tonnes par an, dont 70 % dans les pays arabes. La Tunisie est le premier exportateur mondial en valeur, portée par sa variété Medjool et Deglet Nour.
Côté nutrition, la datte sèche affiche 287 kcal pour 100 g – une densité énergétique proche du chocolat noir, avec en prime une belle dose de fibres, de potassium et de magnésium.
Le durian joue dans une autre catégorie. Surnommé « le roi des fruits » en Asie du Sud-Est, il est interdit dans de nombreux transports publics à Singapour, en Thaïlande et en Malaisie à cause de son odeur – un mélange décrit par certains comme de l’ail fermenté mêlé à de la crème pâtissière.
Et pourtant, son marché mondial devrait atteindre 9,85 milliards de dollars en 2024, avec une croissance projetée à 15,43 milliards d’ici 2029, selon Mordor Intelligence. En 2023, le Vietnam a exporté pour 2,2 milliards de dollars de durians – dix fois plus qu’en 2022 – dont 91 % vers la Chine.
Sa chair jaune pâle a une texture proche d’une crème fouettée légère, avec une saveur douce-amère presque beurré vanillée. Un paradoxe sensoriel total.
Quels sont les légumes commençant par la lettre D?
Si vous cherchez des légumes en D, la liste est nettement plus courte – et c’est là que la surprise arrive. En français courant, il n’existe quasiment aucun légume du quotidien commençant par D.
Pas de carotte, pas de poireau, pas de navet : la lettre D est un angle mort du potager européen.
Les légumes en D qui existent méritent tout de même qu’on s’y arrête :
- Daikon – radis blanc japonais qui peut atteindre 40 cm de long, entre 15 et 20 calories pour 100 g, avec une texture croquante qui tient à la cuisson comme à la fermentation. On dénombre une centaine de variétés au Japon, où il est l’un des légumes les plus cultivés du pays.
- Dolique asperge – longue haricot d’Asie et d’Afrique, riche en protéines végétales, souvent sauté à feu vif dans un wok.
- Dachine (taro) – tubercule amylacé très énergétique, pilier de l’alimentation aux Antilles et en Océanie. Sa texture cuite rappelle une pomme de terre dense, légèrement collante.
- Dent-de-lion (pissenlit) – ses feuilles sont riches en vitamines A, C et K. Utilisées crues en salade ou cuisinées comme les fanes de radis, elles ont une amertume franche qui réveille une vinaigrette.
Le daikon mérite une attention particulière pour les cuisiniers curieux. Râpé finement et déposé sur un poisson cru, il apporte une fraîcheur végétale sans masquer le goût.
Mariné dans du vinaigre de riz avec un peu de sucre pendant 30 minutes, il devient une garniture acidulée qui équilibre n’importe quel plat gras.
Comment utiliser les fruits en décoration intérieure?

Le marché mondial de la décoration intérieure atteint 802 milliards de dollars en 2025. En France, il pèse environ 13 milliards d’euros, soit plus de 20 % des achats d’équipement de la maison.
Dans cette vaste économie, les fruits occupent une niche discrète mais tenace – et avec raison.
Les fruits frais dans un bol posé sur un plan de travail font office de palette de couleurs naturelles : le rouge sang d’une grenade, le jaune chaud de kumquats, le vert profond d’avocats.
Cette composition fonctionne parce qu’elle est vivante et changeante. Vous pouvez l’adapter chaque semaine selon la saison, sans jamais répéter exactement le même effet.
Les fruits séchés tiennent davantage dans le temps. Des tranches d’oranges ou de citrons déshydratées au four à 80°C pendant 4 à 5 heures, posées sur une couronne de Noël ou glissées dans un vase avec des branchages, durent plusieurs semaines.
Le pitaya séché (dragon fruit) conserve sa teinte rose électrique et attire l’œil dans n’importe quelle composition. Pour une déco plus pérenne, les fruits artificiels en céramique ou en résine s’imposent dans les intérieurs minimalistes et les cuisines ouvertes.
Une grappe de raisins en verre soufflé, un citron en faïence dans un plat creux : l’effet décoratif est immédiat sans aucune contrainte d’entretien.
Si vous aimez associer la cuisine à votre décor, ces objets prolongent naturellement l’ambiance d’un repas partagé en extérieur vers l’intérieur de la maison.
Les fruits peuvent aussi devenir des contenants : une pastèque évidée comme coupe à punch en été, une courge-spaghetti en automne pour disposer des bougies chauffe-plat, un ananas sculpté comme vase de table lors d’un dîner tropical.
Ce sont des idées simples qui marquent les esprits bien plus qu’un centre de table acheté en grande surface.
Les fruits en D restent parmi les plus méconnus de nos étals
En dehors de la datte et du pitaya, la plupart des fruits commençant par D sont absents des supermarchés français. Le durian ne se trouve que dans les épiceries asiatiques des grandes villes. Le duku, la desert lime ou le Davidson’s plum sont quasi introuvables en dehors de leur pays d’origine.
Pourtant, leur profil nutritionnel mérite attention. Le pitaya, par exemple, est riche en bétacyanines (les pigments rouges aux propriétés antioxydantes) et en fibres prébiotiques.
La Davidson’s plum australienne affiche des taux d’anthocyanes supérieurs à ceux des myrtilles. Ces fruits ne sont pas moins nutritifs que leurs équivalents européens – ils sont juste moins bien distribués.
Pour les goûter en France, quelques pistes concrètes : les marchés des grandes métropoles (Belleville à Paris, la Capucine à Lyon, le marché de Noailles à Marseille) proposent régulièrement des fruits exotiques peu courants. Les épiceries asiatiques et africaines complètent l’offre.
Et pour la datte, les circuits de fruits séchés ou semi-confits restent le meilleur moyen d’en trouver une qualité supérieure à la variante industrielle vendue en sachet.
La lettre D ne fait peut-être pas briller les étals ordinaires. Mais elle cache une géographie fruitière qui va de l’oasis saharienne aux forêts tropicales de Bornéo – et ça, c’est une raison suffisante pour chercher un peu plus loin que le rayon habituel.