Une marque fondée en 1836, rachetée par un géant chinois en 2018, et pourtant encore présente sur les petites annonces avec des modèles qui tournent depuis trente ans.
Le four Rosières ancien cumule les paradoxes : une réputation de robustesse bâtie sur des décennies, un taux de fiabilité actuel qui ne dépasse pas 82,3 %, et des prix d’occasion qui restent élevés pour du matériel vintage. Voici ce que vous devez savoir avant de vous lancer.
Histoire et origine de la marque Rosières
Tout commence à Lunery, un village du Cher, en 1836. C’est le marquis de Boissy qui y fait construire les premières usines.
À cette époque, il ne s’agit que d’une forge. L’activité reste modeste pendant plusieurs décennies, jusqu’à l’arrivée d’un industriel décisif.
En 1869, Jules Roussel rachète le site et opère une transformation profonde : il convertit la forge en fonderie et pose les bases de la marque Rosières telle qu’on la connaîtra.
Huit ans plus tard, en 1877, la société anonyme de Rosières est officiellement créée et oriente sa production vers les appareils de cuisson. C’est là que tout s’accélère.
La première cuisinière Rosières sort en 1972, suivie rapidement des tables de cuisson et des fours encastrables.
Dans les années 1970, l’usine de Lunery emploie jusqu’à 1 400 salariés – un chiffre qui témoigne du poids industriel de la marque à son apogée. Au début des années 1980, Rosières atteint la troisième place des producteurs français d’appareils ménagers.
En 1987, la famille Fumagalli, propriétaire du fabricant italien Candy, prend le contrôle de la marque. L’officialisation du rachat intervient en 1988.
Puis, en 2018, c’est le géant chinois Haier qui absorbe l’ensemble du groupe Candy Hoover, entraînant Rosières dans son giron.
Est-ce que la marque Rosières existe encore?

Oui, Rosières existe toujours en 2024, mais dans un état très fragilisé. Depuis son intégration au groupe Haier, la marque continue de commercialiser des fours et des appareils de cuisson, principalement sous sa propre enseigne en France.
Le site de Lunery, historiquement au cœur de la production, traverse une période difficile. Les ventes ont chuté de 40 % entre 2016 et 2019, selon Yannick Ferling, directeur général de Haier Europe, qui pointait des coûts d’assemblage devenus trop élevés. Ce déséquilibre a pesé lourd sur les perspectives industrielles du site.
La marque demeure donc active sur le marché français, avec une gamme de fours encastrables disponible en ligne. Mais le volume de production a sensiblement diminué, et le catalogue s’est réduit par rapport aux années fastes des décennies précédentes.
Quels sont les anciens modèles Rosières les plus recherchés?
Parmi les références d’un four Rosières ancien modèle les plus citées sur les sites de revente et les forums spécialisés, le RFT 5577 AV et son pendant le RFT 5577 BAV occupent une place à part.
Ces fours encastrables, produits à une époque où Rosières maîtrisait encore son process industriel intégralement, sont recherchés autant pour un usage quotidien que pour des pièces détachées.
La réputation de ces modèles tient à leur construction mécanique : des composants solides, une cavité en émail résistant, et des résistances qui encaissent des années de chauffe intensive.
Des propriétaires signalent des appareils fonctionnant encore après vingt ou vingt-cinq ans d’utilisation régulière, sans intervention majeure.
D’autres références anciennes circulent également sur le marché de l’occasion, notamment des modèles produits entre la fin des années 1980 et le début des années 2000.
Ces fours sont souvent identifiables à leur design trapu, leurs commandes mécaniques, et leurs plaquettes signalétiques en métal gravé – autant de marqueurs d’une fabrication d’époque.
Quel est le prix d’un four Rosières?

Sur le marché du neuf, la gamme actuelle de fours encastrables Rosières s’étend de 299 € à 509 €, avec un prix moyen constaté autour de 404 €.
Ce positionnement intermédiaire correspond à une offre entrée-milieu de gamme, assez classique pour un électroménager français de ce segment.
Les opportunités de déstockage peuvent faire bouger les curseurs de façon notable. Un modèle RFC3OP5579IN a ainsi été proposé à 269,99 € alors que son tarif d’origine était de 629,99 €. Ce type d’offre apparaît ponctuellement chez les distributeurs qui liquident des fins de série.
| Modèle / Situation | Prix indicatif |
|---|---|
| Four encastrable neuf (entrée de gamme) | 299 € |
| Four encastrable neuf (haut de gamme actuel) | 509 € |
| Moyenne gamme neuf | 404 € |
| RFT 5577 BAV (ancien modèle) | 800 € |
| RFC3OP5579IN en déstockage | 269,99 € |
Le cas du four Rosières RFT 5577 BAV mérite qu’on s’y attarde : son dernier prix relevé est de 800 €, soit davantage que la plupart des fours neufs de la marque.
Cette prime s’explique par la rareté du modèle et sa cote auprès des cuisiniers qui valorisent la robustesse sur le long terme, quitte à payer plus cher pour un appareil dont la fiabilité mécanique est éprouvée.
Sur le marché de l’occasion classique – petites annonces, brocantes spécialisées – les anciens fours Rosières s’échangent généralement entre 80 € et 300 € selon l’état, l’année et la complétude des accessoires d’origine.
Est-ce que la marque Rosière est une bonne marque?
La réponse honnête est nuancée. Rosières a construit une image solide grâce à des collaborations sérieuses : la marque a travaillé avec Paul Bocuse pendant plusieurs années, et ses appareils ont été développés avec les Meilleurs Ouvriers de France. Ce positionnement haut de gamme a longtemps justifié des prix au-dessus de la moyenne.
Pourtant, le taux de fiabilité actuel de la marque est de 82,3 % – un chiffre qui la place dans les dernières positions des classements par marque, derrière des concurrents comme Faure qui atteint 89,5 %.
Rosières ne dépasse que De Dietrich et Scholtès dans ce classement. L’écart avec Faure, qui appartient au même univers de prix, est suffisamment marqué pour mériter réflexion.
Les 121 avis déposés sur Trustpilot concernant Rosières reflètent cette ambivalence : des utilisateurs d’appareils anciens expriment une réelle satisfaction, quand les retours sur des achats récents sont plus partagés.
L’héritage de qualité de la marque semble avoir résisté plus longtemps dans les vieux modèles que dans la production récente.
Les anciens fours Rosières tiennent-ils vraiment la durée?

Sur ce point, les témoignages convergent de façon assez cohérente. Des utilisateurs rapportent des fours Rosières produits dans les années 1990 encore en service quotidien, sans panne significative.
Ce n’est pas une légende urbaine : la conception mécanique de l’époque, avec peu d’électronique embarquée, limitait mécaniquement les points de défaillance.
Un four à commandes mécaniques a structurellement moins de composants susceptibles de lâcher qu’un appareil moderne avec écran tactile, sonde de température connectée et programmation numérique. C’est une réalité technique, pas une nostalgie.
Pour quelqu’un qui utilise son four pour des cuissons longues au four, cette fiabilité mécanique compte vraiment.
La nuance, c’est que ce constat vaut pour les modèles fabriqués avant le milieu des années 2000. La production post-rachat par Candy, puis les ajustements imposés par Haier, ont progressivement modifié les standards de fabrication.
Le score de fiabilité de 82,3 % reflète la gamme globale de la marque, anciens et nouveaux modèles confondus – ce qui signifie que les modèles récents tirent ce chiffre vers le bas.
Acheter un four Rosières ancien : les points de vigilance
Avant toute chose, relevez la référence exacte du modèle que vous envisagez d’acheter. Pour un four Rosières RFT 5577 AV, vérifiez la plaquette signalétique au dos ou à l’intérieur de la cavité. Cette référence conditionne directement la disponibilité des pièces détachées.
- Pièces détachées : les modèles antérieurs à 1995 posent des problèmes d’approvisionnement réels. Résistances, joints de porte et thermostats sont souvent introuvables en neuf ; il faut passer par des revendeurs spécialisés en pièces d’occasion ou des démonteurs de matériel électroménager.
- Compatibilité électrique : certains fours anciens fonctionnent en monophasé 220 V avec un câblage qui ne correspond plus aux normes actuelles. Vérifiez la prise et le circuit dédié avant installation.
- État de l’émail : un émail ébréché ou oxydé n’affecte pas le fonctionnement, mais complique l’entretien et peut libérer des résidus à haute température. Inspectez la cavité sous lumière directe.
- Joints de porte : un joint dégradé entraîne des pertes de chaleur et une cuisson irrégulière. C’est la pièce à vérifier en priorité, et souvent la plus facile à remplacer.
- Où trouver ces appareils : Leboncoin, Videdressing pour l’électroménager, les brocantes spécialisées en matériel de cuisine professionnel, et les réseaux de revendeurs de matériel d’occasion constituent les meilleures pistes.
Testez toujours l’appareil avant achat : un cycle de chauffe à 200 °C pendant vingt minutes suffit à détecter les anomalies majeures – résistance qui ne monte pas, thermostat déréglé, ou éclairage défaillant. Si le vendeur refuse ce test, passez votre chemin.
Un four Rosières qui a déjà quarante ans et qui chauffe encore droit mérite parfois davantage confiance qu’un neuf sorti d’usine avec un manuel de garantie de deux ans.
C’est l’un des rares cas où l’âge d’un appareil plaide en sa faveur – à condition de savoir exactement ce que vous achetez.