Les 10 pays qui attirent le plus de retraités français et étrangers

10 pays qui attirent le plus de retraités français et étrangers

Un million de Français ont choisi de toucher leur pension hors de France. Ce chiffre, souvent cité, masque une réalité plus nuancée : beaucoup ne sont pas partis pour fuir la France, mais parce que leur argent y vaut concrètement plus cher ailleurs.

Pourquoi de plus en plus de retraités choisissent de s’installer à l’étranger?

Selon la CNAV, 1,1 million de retraités du régime général français résidaient à l’étranger fin 2024, soit 6,9 % du total des pensionnés.

Sur la même période, le Ministère des Affaires Étrangères comptabilisait 1 741 942 Français inscrits au registre consulaire, en hausse de 2,8 % en un an.

Les plus de 60 ans y représentent 16 % des expatriés, concentrés principalement au Portugal, en Espagne, au Maroc et en Tunisie.

Les motivations sont rarement abstraites. Un couple avec 2 000 € de pension mensuelle vit à l’étroit en région parisienne.

Le même couple, à Porto ou à Valence, accède à un appartement correct, des restaurants, et des soins sans rogner sur l’essentiel.

Ce mouvement dépasse largement les frontières françaises. Une étude Remitly / Expat Insider 2025 révèle que 34 % des retraités américains envisagent de s’expatrier pour leur retraite.

La tendance est mondiale, portée par la hausse du coût de la vie dans les pays développés et la facilité croissante de gérer ses comptes à distance.

Top 10 des pays qui attirent le plus de retraités

10 pays qui attirent le plus de retraités français et étrangers

Voici les destinations les plus recherchées, classées selon leur popularité réelle auprès des retraités étrangers, avec les chiffres qui comptent vraiment.

PaysBudget mensuel estiméFiscalité sur pensions étrangèresAtout distinctif
Portugal~1 200 €/couple10 % pendant 10 ans (nouveau RNH)Coût de la vie 25 % sous la France
Espagne1 500–2 100 €/personneConvention franco-espagnole (pas de double imposition)+300 000 retraités étrangers déjà installés
Grèce~1 000 €/moisFlat tax 7 % pendant 15 ans30 à 40 % moins cher qu’en France
Maroc800–1 200 €/coupleAbattement 50 % + réduction 80 % si versement en compte marocain+70 000 retraités français, réforme fiscale favorable depuis oct. 2024
Tunisie600–900 €/coupleExonération partielle sur pensions importéesProximité culturelle, communauté française importante
Thaïlande900–1 400 €/couplePas d’impôt sur pensions étrangères si transfert différéVisa retraite dès 50 ans, santé privée accessible
Mexique1 000–1 500 €/coupleConvention fiscale limitée, imposition locale faibleClimat, communautés expatriées structurées
Panama1 200–1 800 €/coupleExonération totale sur revenus étrangersProgramme Pensionado très avantageux (réductions sur santé, transport)
Italie1 300–1 900 €/coupleFlat tax 7 % dans les petites communes du SudCadre de vie, gastronomie, accès aux soins européens
Malte1 400–2 000 €/couple15 % sur pensions étrangères (régime spécial retraités)Anglophone, membre UE, sécurité élevée

Fiscalité et retraite à l’étranger : ce que changent vraiment les conventions fiscales

La fiscalité est souvent le déclencheur du projet, rarement le seul critère valable.

Pour un retraité touchant 1 800 € nets par mois, passer d’un taux marginal français de 30 % à une flat tax grecque de 7 % représente une économie annuelle de l’ordre de 4 000 à 5 000 €. Sur 15 ans, la durée du régime grec, cela dépasse 60 000 €.

Le Portugal a réformé son ancien régime RNH en avril 2024. L’exonération totale sur les pensions étrangères appartient désormais au passé : le nouveau taux est de 10 % pendant 10 ans.

C’est moins attractif qu’avant, mais toujours très compétitif face à la fiscalité française classique.

Le Maroc a fait un mouvement inverse, dans le bon sens. Depuis octobre 2024, l’abattement sur les pensions étrangères passe à 50 %, contre 40 % auparavant, avec une réduction supplémentaire de 80 % sur l’impôt dû si la pension transite par un compte bancaire marocain.

En pratique, un retraité percevant 2 000 €/mois peut ne payer que quelques dizaines d’euros d’impôt local.

Les conventions bilatérales de non-double imposition sont souvent mal comprises. Elles ne signifient pas que vous ne payez pas d’impôt : elles définissent dans quel pays vous êtes imposable.

La convention franco-espagnole stipule que les pensions privées sont imposées en Espagne dès lors que vous y résidez fiscalement. Vous sortez donc du barème français, mais vous entrez dans le système espagnol.

Quels critères font vraiment pencher la balance lors du choix d’un pays?

10 pays qui attirent le plus de retraités français et étrangers avis

La fiscalité fait vendre des articles. Mais ce sont souvent l’accès aux soins et la proximité avec la France qui déterminent où les gens restent vraiment.

Un retraité de 72 ans avec une pathologie chronique ne peut pas se permettre un système de santé défaillant, quel que soit l’avantage fiscal.

  • Santé : Dans l’UE (Espagne, Portugal, Grèce, Malte, Italie), vous conservez vos droits à la Sécurité sociale française via le formulaire S1. Hors UE, vous devez souscrire une mutuelle internationale, dont le coût dépasse souvent 200 €/mois après 65 ans.
  • Langue : Le Portugal est lusophone, la Grèce hellénophone. Beaucoup de retraités sous-estiment le poids quotidien de la barrière linguistique pour les démarches médicales ou administratives.
  • Démarches administratives : L’inscription au registre consulaire est obligatoire. Elle conditionne l’accès à certains services consulaires et facilite la déclaration de résidence fiscale à l’étranger.
  • Proximité géographique : Lisbonne est à 2h15 de Paris. La Thaïlande, à 11 heures. Cette donnée pèse lourd quand les enfants ou les petits-enfants restent en France.

Les points de vigilance à ne pas sous-estimer avant de partir

Le Portugal du boom 2018-2023 n’est plus le Portugal d’aujourd’hui. L’afflux de retraités étrangers a fait grimper l’immobilier à Lisbonne au-delà de 4 500 €/m² dans certains quartiers. Porto suit une trajectoire similaire.

Les zones rurales de l’Alentejo ou du Centre restent accessibles, mais elles impliquent un isolement que tout le monde ne supporte pas.

L’instabilité réglementaire fiscale est un risque réel. La réforme du RNH portugais en 2024 a pris de court des milliers d’expatriés qui avaient construit leur projet sur des hypothèses devenues caduques. Aucun régime préférentiel n’est garanti dans la durée.

L’isolement social arrive rarement dans les premières années, souvent dans la quatrième ou cinquième. Les communautés d’expatriés comblent ce manque jusqu’à un certain point.

Au-delà, il faut des liens avec la population locale, ce qui suppose un niveau de langue que peu de retraités atteignent rapidement.

Enfin, prévoir les conditions d’un retour en France reste une précaution concrète. Réintégrer le système de santé français après plusieurs années à l’étranger nécessite des démarches spécifiques auprès de la CPAM.

Votre patrimoine immobilier éventuel à l’étranger sera soumis aux règles successorales locales, sauf disposition testamentaire préalable.

Partir à l’étranger pour sa retraite est un projet qui se gagne sur le papier avant de se vivre sur le terrain. Les chiffres sont là pour vous aider à comparer – mais c’est toujours la réalité du quotidien qui tranche.